Preview Bilan 2019 12 05

Violences policières : Victimes de la manifestation du 5 Décembre

Le bilan ci-dessous fait compte des victimes prises en charge par les différentes équipes de street-médics et secouristes volontaires en lien avec la Coordination lors de la manifestation du 5 Décembre contre la réforme des retraites.

Ce bilan n’est pas exhaustif. Il ne comprend que les prises en charge non-superficielles réalisées par les équipes de la Coordination et ne comptabilise pas l’ensemble des victimes prises en charges par d’autres équipes de street-médics, décontaminées des gaz ou non pris en charge. Le bilan qui suit ne peut donc pas et ne doit pas être considéré comme exhaustif ou représentatif de la totalité des victimes.
Ce bilan est provisoire (version 1.0 du 11/12/2019) et sera mis à jour au fur et à mesure que de nouveaux bilans d’interventions seront reçus.

Synthèse

La Coordination recense actuellement 175 victimes prises en charge​,
Dont ​32 traumatismes à la tête​ ​(dont plusieurs traumatismes oculaires)​, 2 traumatismes génitaux​ ​et ​13 évacuations et extractions vers les urgences​,

Parmi ces victimes on dénombre ​au moins​:

  • 1 femme enceinte
  • 3 mineurs
  • 1 personne âgée (70 ans)
  • 6 passants
  • 9 journalistes / photographes
  • 3 street-médics / secouristes

A partir des bilans communiqués, ​nous estimons que au moins 2049 personnes ont été décontaminées par les médics des gaz lacrymogènes​, et soulagées grâce aux sérums phy et aux pulvérisations de solutions décontaminantes. Ce chiffre ne représente en rien le nombre réel de victimes atteintes et incapacitées par les gaz.

Observations

Les membres de la Coordination dénoncent collectivement les vols, violences, et arrestations arbitraires qui sont des entraves au secours à personne. De nombreuses équipes ont signalé ​des oppositions directes au soin de victimes blessées​, ce qui contrevient à l’obligation d’assistance à personne en danger. La Coordination a notamment recensé que :

  • A Paris aux alentours de la place de la Nation, des gendarmes mobiles ont refusé l’extraction d’une victime présentant une blessure à la tête avec un saignement abondant. La situation était tendue et les gendarmes ont menacé la victime et les medics avec leurs matraques et leurs LBD.
  • À Paris sur Boulevard Magenta, vers 16h, les forces de l’ordre ont délibérément visé une victime prise en charge par une équipe de médics. L’homme présentait une blessure à la jambe et était soigné en retrait dans une rue. En dépit de cette relative sécurité et du calme, l’homme a reçu un palet de gaz lacrymogène au niveau du ventre. Non seulement le soin initial a été interrompu de manière violente, mais la victime s’est également brûlée la main en dégageant le palet.
  • A Paris sur le Boulevard Voltaire, en fin de journée, des CRS ont refusé l’extraction d’un homme de 60 ans présentant une plaie ouverte avec saignement à la tête, nécessitant des soins en lieu sûr. Les medics ont dû s’adresser à un autre cordon plus loin, de gendarmes cette fois, qui a finalement autorisé l’extraction de la victime.
  • A Paris, une autre équipe de street-medic s’est vu refuser l’évacuation d’une victime par un cordon de forces de l’ordre.
  • À Paris à la Gare du Nord, vers 11h, plusieurs médics se sont fait saisir leur matériel de protection. À Paris sur le Faubourg St Martin, vers 11h30, un street-médic s’est fait confisqué son matériel de protection. Les forces de l’ordre ont refusé de lui délivrer un procès verbal (lequel est obligatoire pour une confiscation) et, face à ses protestations, l’ont menacé d’interpellation puis réalisé un contrôle d’identité. Plusieurs autres équipes se sont fait également saisir leur matériel de protection et de secours, notamment leur solution décontaminante. Le plus souvent, ces confiscations peuvent être considérées comme du vol, la confiscation se faisant hors de toute base légale, sans établissement procès verbal et le matériel étant rarement rendu.
  • À Paris à la Gare du Nord, le matin, deux street-médics ont été arrêté et placés en garde à vue parce-qu’ils détenaient des masque de protection respiratoire.

En complément de ces entraves, des membres de la Coordination ont observé durant cette journée que :

  • Selon plusieurs équipes, les numéros d’urgences (Sapeurs-pompiers et SAMU) ont parfois été surchargés et indisponibles.
  • Selon plusieurs équipes, les secours institutionnels ont parfois été longs (1h d’attente), absents ou inaccessibles, à cause de moyens insuffisants ou éloignés des zones de dangers constitués par la répression policière.
  • A Paris sur la Place de la République, le grand nombre de victimes et la gravité des blessures ont nécessité la mise en place d’un PRV (point rassemblement victime) au bar “Le Pachyderme”. Au moins quatre blessés grave et nombreux blessés légers y ont été pris en charge par les équipes de médics, rejoints par les Pompiers de Paris.
  • A Paris, de nombreux passants qui présentaient des signes d’angoisse et de peur (dû à l’hostilité des forces de l’ordre et les très nombreuses détonations de grenades) ont été empêché par les Forces de l’Ordre de sortir des zones de tension, nécessitant l’intervention des street-médics pour faciliter leur extraction. Nous notons notamment le cas d’un père et de ses deux jeunes enfants (2 et 4 ans) empêchés de rentrer chez eux Place de la République par un cordon de CRS posté devant la porte de leur immeuble.
  • Plusieurs équipes font état de leur inquiétude quant au nombre de grenades utilisées par les forces de l’ordre sur Paris. Beaucoup des victimes prises en charge présentaient des blessures dûes aux grenades de désencerclement. La Coordination rappelle que entraver l’action des street-médics, secouristes volontaires et autres primo-intervenants agissant au coeur des manifestations ou les priver de leur équipement de protection met directement de nombreuses personnes en danger.

Transmettre le bilan de mon équipe

Si vous êtes une équipe de street-médics, secouristes volontaires ou autre primo-intervenant qui portez secours aux victimes dans le cadre de manifestations, nous vous encourageons à nous transmettre le bilan de vos interventions afin que nous puissions les intégrer au compte-rendu ci-dessous. Voyez la page Vous êtes secouristes volontaires.

Bilan des victimes


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2 réflexions sur “Violences policières : Victimes de la manifestation du 5 Décembre”

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