Charte de la Coordination

Qu’est-ce que la Coordination 1er Secours ?

La Coordination est avant tout une initiative en faveur des victimes de la forme violente du maintien de l’ordre en France, car face à la gravité alarmante des blessures et au nombre grandissant de victimes, nous avons ressenti la nécessité de prolonger nos actions de terrain. C’est l’idée que nous, street-medics et secouristes bénévoles, sommes capables de coopérer en bonne intelligence dans un but qui nous dépasse tous, que l’on soit militant ou non.

La Coordination est le regroupement de toutes ces bonnes volontés dont le seul but est de sortir un bilan commun du nombre de victimes.
La synthèse de nos différents comptes-rendus d’interventions ne sera jamais complètement exhaustive, mais nous avons la conviction que nos chiffres seront toujours plus proches de la réalité que ceux du gouvernement et des médias qui s’en font le relais.

Qui sont les membres de la Coordination 1er Secours ?

Aujourd’hui nous réunissons des street-médics et secouristes bénévoles de toute la France, partageant la même volonté de rendre leur visibilité aux victimes, et aussi la même vision de ce que doit être notre présence sur le terrain sur la forme, le fond étant propre à chacun.
Une certaine déontologie est demandée, nous sommes contre la course aux blessures graves et les ingérences durant une intervention. Toute victime a droit à assistance, c’est notre rôle de prendre en considération n’importe quelle personne ayant besoin d’aide et de toujours respecter son choix d’accepter ou non les gestes de premiers secours.

De ce fait, nous rappelons l’importance de la formation aux gestes de premiers secours, qui peuvent parfois être d’une nécessité vitale, bien au-delà du contexte des manifestations.
Nous encourageons toute personne à se former, ne serait-ce qu’au psc1 qui, bien qu’insuffisant, est également indispensable.

Aux street-medics et secouristes bénévoles, nous affirmons la nécessité de toujours continuer à se former et conseillons les formations de secours tactiques, particulièrement adaptées aux environnements dégradés dans lesquels nous intervenons.
La répression violente a déjà apporté son lot de blessures très graves. Par considération pour toutes les victimes, soyons sûrs de nos connaissances – et de leurs limites – avant d’intervenir, et que le doute ou la panique ne nous empêchent jamais de crier à notre tour «Médic» si nous ne sommes pas en mesure d’intervenir.

A défaut de toujours partager les mêmes idées politiques, ce qui serait d’ailleurs impossible au vu de notre nombre grandissant, nous partageons des valeurs humaines de solidarité, de compassion ou encore de bienveillance, indispensables à tout échange et ne laissant de fait pas leur place à certaines tendances idéologiques.

Toute personne ou groupe qui se reconnait dans l’idée de la Coordination 1er Secours en nous faisant parvenir son bilan, et qui souhaite participer à son développement est la bienvenue.

Quelle est la position de Coordination 1er Secours ?

Parce que le travail de la Coordination 1er Secours a vocation à sortir des seuls cercles militants ou bénévoles dont nous pouvons déjà faire partie à titre personnel, notre discours se doit d’être clair et compréhensible pour le plus grand nombre.
La coordination n’est pas – et ne peut pas être – le reflet exact des opinions des groupes et indépendants qui la constituent.

Notre volonté est de rendre leur visibilité aux victimes des violences du maintien de l’ordre et de pouvoir donner les chiffres les plus exhaustifs possibles, afin que quiconque partageant notre combat, citoyen, association, journaliste, ONG, etc. puisse à son tour les relayer.
Nous sommes les premiers témoins, tous primo-intervenants auprès des victimes, et nous partageons l’idée que c’est notre rôle de rendre-compte de ce que nous voyons dans les rues, bien loin du mépris affiché pour toutes ces personnes par le gouvernement et la plupart des médias. Cette volonté dépasse de loin nos individualités ; l’objectif commun qui nous unit justifie largement que nous mettions nos différences de côté pour continuer à avancer. La coordination reste un espace d’échange et doit pouvoir laisser la place aux discussions favorisant la compréhension mutuelle. C’est à nous tous de toujours veiller à ne pas faire entrer un combat personnel dans une coordination dont ce n’est pas le but.

La position de la coordination ne supplante en aucun cas la position que nous pouvons toutes et tous défendre individuellement ou en tant que groupe.
Apporter notre soutien à la coordination en faisant parvenir nos bilans ne signifie pas que soudainement, selon notre position actuelle, nous allons devenir plus neutre ou plus militant.

Encore une fois : les victimes de la forme violente du maintien de l’ordre doivent rester notre priorité lorsque nous sommes regroupés en tant que Coordination 1er Secours.

Quelle est la communication de la Coordination 1er Secours ?

La coordination s’adresse à qui veut se renseigner sur le nombre des victimes de la forme violente du maintien de l’ordre en France, particulièrement dans le contexte du mouvement des gilets jaunes. Nous respectons les pratiques de chacun sur le terrain mais les membres des forces de l’ordre, même blessés et pris en charge, ne peuvent être considérés comme des victimes de cette forme brutale du maintien de l’ordre dont ils sont eux-même les acteurs.

De ce fait, ils ne figurent pas dans nos bilans et nous invitons tous les groupes et indépendants à utiliser leurs propres supports relais pour communiquer sur ce type d’intervention.
Les bilans sont libres de diffusion.

Personne ne saurait parler au nom de la coordination dans quelque média que ce soit sans mandat de sa part.
Tout le monde peut, au nom de son groupe ou de son statut d’indépendant, parler de la coordination et renvoyer ses interlocuteurs vers les sites internet et réseaux sociaux Coordination 1er Secours.

Si la Coordination 1er Secours venait à être contactée par des ONG importantes (ONU, Amnesty International, etc.) ou des médias dont le travail rejoint notre démarche (David Dufresne, Mediapart, etc.) et que leur demande allait au-delà de la simple reprise de nos bilans, alors la réponse apportée sera collective et actée dans un cadre démocratique.

Rejoindre Coordination 1er Secours ?

Nous vous accueillons avec joie si vous vous reconnaissez dans le travail de reconsidération que nous menons pour les victimes de la forme violente du maintien de l’ordre et que vous acceptez la position tenue par la coordination.
Chacun est libre de s’engager au même niveau que sa motivation, ses compétences, son temps disponible, et d’utiliser ou non le discord.

La base de notre engagement à tous est de faire remonter les bilans de nos interventions, par mail ou via le google form.

Et le discord ?

Le discord est un outil de communication pour les membres de la coordination et qui permet de faire fi des km qui nous séparent. C’est un espace d’échange, de réflexion, et parfois de détente (toujours dans le salon approprié !).
Il nous sert également à mieux nous coordonner sur le terrain, à partager des informations, de la documentation, des dates de formations, etc.

C’est également un espace de travail, qui ne se supplante pas les AG toujours nécessaires pour les grandes décisions.


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2 réflexions sur “Charte de la Coordination”

  1. Bonsoir …Avant d’écrire des choses rapportées et je sais par qui forcément puisque j’étais auprès de l’Ambassadeur à Genève en tant que Médic à la réunion de vendredi dernier , il faut savoir qu’il n’a pas été question du ministère de l’intérieur mais et par la voix de l’ambassadeur , du ministère de la Santé plutôt !! petit détail qui a son importance ! vérifiez vos source juste pour être précis ( auprès de M par exemple )…Et pensez que cette carte patronymique est déja en cours sous une forme informelle allons nous dire du côté de Rouen et que cela semble fonctionner je dis cela mais je ne dis rien suffit de se renseigner …De plus le but de cette carte éventuelle est qu’elle puisse être utilisée dans toutes les manifestations aussi en dehors des manifs gilets jaunes …le principe aussi et à ne pas négliger est la confiscation de matériel au delà de la répression physique , l’excuse rapportée par les forces de l’ordre est tout simplement de dire ” c’est de la prévention ” mot qui ne veut rien dire a nos yeux de ” soignants “…Nous mettons des masques a gaz le plus souvent au moment ou les forces de l’ordre mettent leurs visières et s’aprètent a gazer nous ne sommes pas masqués avant et après le gazage, d’où la facilité de nous reconnaître si nécessaire avant et après un gazage , la seule chose qui masque nos visages n’est autre que les gaz !!! Mais que pourraient t’ils dire dès lors que nous aurions éventuellement une carte patronymique avec notre photo, donc toujours visibles ? je parle uniquement de la confiscation du matériel là , car cela n’aurait plus de raison d’être …ce qui n’empêchera peut être pas la répression physique malheureusement …En parallèle la notion d’observateurs dédiés à la cause qu’ils soient par le biais de l’ONU et médics ou pas , n’est pas une chose incompatible non plus , mais cela prendra certainement beaucoup beaucoup plus de temps et le temps est compté ne l’oubliez pas car entre temps on dénombre de plus en plus de blessés et in fine on sait très bien que c’est l’état qui sera le dernier juge et qu’il ne fera strictement rien qui pourra le mettre dans une position de rendre des comptes a d’autres puissances observatrices ou dirigeantes …Je ne veux pas me faire l’avocat du diable car je doute d’une solution et que celle çi soit la bonne mais je pose juste là les questions , a vous de m’en donner les réponses honnêtes et argumentées ou de proposer des solutions rapides et acceptables pour tous si vous en avez bien sûr…Amicalement … Force et Honneur

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